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| © Thierry Deschamps |
| Gribouille et le crayon magique |
| Bonjour, je m'appelle Jacques ou Pierre ou encore Martine,
Aurore, Pascal
Mais qu'importe d'ailleurs, j'aurais aussi bien pu être une petite fille. Je me serais alors appelée Gribouillette J'avais une maison où je pouvais dormir, manger, me laver, m'amuser J'avais un papa et une maman pour s'occuper de moi. J'avais une école où je pouvais apprendre plein de choses, avoir des amis, découvrir de nouveaux jeux En fait, même si je ne le savais pas, j'avais beaucoup de chance ! Mais, ça je ne l'ai découvert que plus tard. Quand je suis devenu presque vieux, et qu'à mon tour j'ai eu des enfants. J'avais presque 7 ans, l'âge de raison, disaient mes parents. Pourtant, je me suis mis à enchaîner bêtises sur bêtises ! Je n'arrêtais pas ! Papa et maman me grondaient souvent, et j'en faisais encore plus ! Quelques fois ils se grondaient même entre eux à cause de mes bêtises. Je chouinais, je criais, je mettais le bazar J'étais vraiment insupportable ! Un jour, alors que je jouais dans ma chambre, j'ai entendu une si vilaine voix !
- Alors Gribouille, Devant moi, je vis un petit mouton. Blanc comme neige, il avait des yeux aussi bleus que l'eau du ruisseau où j'avais joué pendant les vacances. Il avait une petite truffe toute noire et une langue aussi rose qu'une robe de Barbie. Je sentis une douce chaleur m'envahir alors qu'il me disait : - S'il te plait, dessine-moi un enfant. - Laisse donc, il ne sait faire que des bêtises. Tu perds ton temps, il ne veut pas comprendre. La même voix si désagréable, que j'avais entendue, retentissait de nouveau, semblant provenir de nulle-part. Le petit mouton se tourna alors vers le mur et dit d'un ton sévère :
- Mais tais-toi donc Griffor
! - S'il te plait, dessine-toi bel enfant. Je me retrouvai tout à coup un carnet de feuilles de dessins dans une main, et un crayon dans l'autre ! Et puis, sans même m'en rendre compte, je me suis mis à dessiner !
- Griffor a raison, il te faut faire un autre dessin maintenant. Vas-y, n'ai pas peur.
- Non. Cela suffit bien Griffor. Je pense que Gribouille a compris. Le petit mouton, souffla alors sur le carnet. Tous les horribles dessins disparurent. Il ne restait plus que le joli portrait que j'avais dessiné en premier. - Vois-tu Gribouille, tous les enfants font des bêtises. C'est normal, ils apprennent, découvrent la vie. Il arrive même que les adultes en fassent aussi. Mais, n'oublie pas ceci Gribouille. Cela ne doit pas devenir une habitude !Depuis quelques semaines tu es devenu très vilain ! Tu faisais exprès de ne pas être sage, juste pour embêter ton papa et ta maman…Comme si tu avais oublié que l'un comme l'autre t'aimaient très fort, comme si tu avais oublié que toi aussi tu les aimais de tout ton cœur. Ne trouves-tu pas que c'était un peu bête ? Je regardais le petit mouton dans les yeux. Je savais bien qu'il avait raison, mais je ne pouvais plus parler et deux larmes apparurent au coin de mes yeux. Le petit mouton souffla dessus, et le sourire me revint tout à coup. - Voilà, c'est fini Gribouille. Tu as compris. Je vais maintenant partir à la rencontre d'autres petits enfants. Souviens-toi de notre rencontre, essaye de redevenir sage. Et puis n'oublie jamais, qu'une maman, qu'un papa, ont tellement de choses à faire : travailler, faire les courses, s'occuper de la maison et plus encore de leurs enfants. Ils ont parfois beaucoup de soucis. Et même quand ils sont fatigués, même s'ils ne sont pas toujours disponibles de suite, l'amour qu'ils portent à leurs enfants est la chose la plus précieuse au monde. Une dernière petite chose Gribouille, je n'ai qu'un crayon magique et je ne peux pas aller voir tous les petits enfants. Alors, quand tu seras grand, je compte sur toi pour raconter ton histoire et aider d'autres garnements à redevenir sage. Le petit mouton me fit un grand sourire, et puis avec un petit rire, il cria " Caca boudin ! ", avant de disparaître. Je me sentais vraiment heureux de sa visite et je me rendais compte que tout ce temps, perdu à faire des bêtises, ne m'avait pas satisfait. J'eus alors une idée et je criai " Maman, est-ce que je peux aller jouer dehors s'il te plait ? " " Oui, mais pas longtemps. Je t'appellerai pour la douche " Je courus dans le jardin, et j'arrachai les deux plus belles roses que je pus trouver. Je revins très vite à la maison en criant, " Maman, papa, tenez c'est pour vous ! " et leur tendis les roses. " Oh non ! Mes roses ! " S'écria ma maman. J'avais encore fait une bêtise ! Je me mis à pleurer à chaudes larmes, hoquetant, essayant d'expliquer, le mouton, les dessins, que j'avais voulu leur faire plaisir… Alors, ils me serrèrent dans leurs bras, me firent un gros câlin. Papa me dit " Il ne faut pas arracher les roses, Gribouille. Mais nous savons pourquoi tu l'as fait. C'est un très beau cadeau… " Voilà, mon histoire est finie, je te l'offre petite canaille. Sois sage ! Et … Caca boudin ! ~~*~~ | ||||||||||
| © Thierry Deschamps |