Le
Spleen
De
Zarathoustra
 
Vie

© Thierry Deschamps

Vie
Où suis-je ?
Qu’importe !

Tel une poupée mécanique,
Il avance pas à pas
Dans ce boyau sombre et humide qui s’étend et s’étend…
Jusqu’au bout du tunnel ?

Une brume vaporeuse l’enveloppe
Qui laisse juste filtrer une faible lueur
Et l’éclat mordoré de ce ventre de pierre.
Remplissant l’atmosphère,
D’émanations putrides,
D’un silence envoûtant
Qui révèle le temps.

Flip-flop, flip-flop,
D’un mouvement automatique ses jambes battent la mesure
Ses pieds foulant la boue
Baignés par la fraicheur de cette eau qui ruisselle
Efface la trace fragile de ses pas
Le guide vers l’avant.

Il progresse lentement.
Les deux bras écartés,
Il laisse glisser ses doigts sur la paroi luisante
De cette roche marbrée et polie par le temps
Qui passe pas à pas.

Et la caresse est douce
Et le désir le pousse
Il entre en résonnance avec cette pierre
Fossile des ères passées,
Germe des avenirs,
L’harmonique de la vie lui apparaît alors.

Il n’y a de distances que pour qui veut y croire
Les murs ne sont que rêves
Le temps n’existe pas.

Et fusionnent alors,
Roches, boue, eau, sang et chair,
Ténèbres et lumière,
Odeurs, sons et silence,
Le temps qui passe et la matière ne font qu’un.
Maelstrom de vie, de mort,
Qui bouillonne,
À travers le vide de l’univers.

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