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Le songe
J'ai vu l'assemblée des puissants,
Squelettes en sarabande,
Éructant des pensées incohérentes,
Ordonnant la mort du vivant,
Semant la peste sur les terres fertiles,
Célébrant et adorant leurs dieux d'argile.
J'ai vu les innocents qui,
Du ventre de la terre,
Criaient d'angoisse et de douleurs,
Curs tournés vers un ciel
Restant sourd à leurs appels.
J'ai vu le sourire sardonique
Des soldats ivres de morts à infliger.
J'ai vu le rictus sadique
De ces suppôts de ténèbres,
Joyeux sous le ciel embrasé
Par les vies sacrifiées.
J'ai vu la danse macabre
Des spectres décorés
De curs et membres arrachés.
J'ai vu leur jouissance
Lorsque les villes se sont effondrées.
J'ai vu les âmes des torturés
S'élever au centre de l'embrasement,
Larmes séchées, enfin délivrées
De la démence des pouvoirs,
Oppressants et criminels,
Rageant de n'avoir pu tout anéantir.
Lorsqu'il n'y eut plus pierre sur pierre,
J'ai vu une myriade d'insectes
Et une armée de vers
S'élancer vers les vainqueurs.
J'ai vu leurs visages se décomposer.
Armés de la grande Frayeur,
J'ai vu de sinistres ombres
Arracher l'âme des pouvoirs
Pour la précipiter dans l'abîme
Sans commencement ni fin,
Sans lumière ni espoir
J'ai vu les oppresseurs,
Saisis d'une infinie peur,
Tendre l'âme vers le ciel,
Mais curs lourds
de leurs avoirs,
Ils ne purent s'échapper
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